
Plus aucun souvenir de ce dessin. Rien de rien, la honte. Reste une date : le 11 novembre 2011.
"Or n’est-il pas « laxiste » – pour employer un mot à la mode – de laisser uniquement à la
publicité le soin de colorer l’espace sans ménagement ? N’est-il pas laxiste de laisser nos
villes se développer de façon anarchique et dantesque sous la pression d’intérêts financiers
ou par insouciance écologique. C’est pourtant ce contexte agité, qui a favorisé l’éclosion puis
la déferlante du tag dans le paysage urbain.
Paradoxalement, on doit pourtant aux graffiteurs d’avoir réhabilité des kilomètres carrés de
béton aveugles ou de zones de chancres urbains, par la couleur, la créativité et les appels à
sortir de la torpeur ambiante.
On aura du mal à expliquer à des milliers de jeunes ou moins jeunes sympathisants, que
Bonom, Color et les autres devront payer pour l’exemple, pour la tolérance zéro ou pour la
confusion que nous n’arrivons pas à dissiper autour d’une forme d’expression controversée
peut-être, mais bien vivante et multiforme.
Les signataires de ce texte tiennent à marquer leur soutien aux artistes de la rue comme
Bonom qui donnent de la vie aux murs morts de nos cités et le refus d’une criminalisation
excessive comme jugement expéditif par rapport au problème des graffitis."